• œuvre

Vestiges de Carman, de Michael Chauvel

  • De juin 2026 à juin 2032
Carman, Kernilis, France Situer le lieu

Description
complète

Visible depuis le sentier de randonnée de Kernilis, cette œuvre monumentale s’inspire de la légende du Fantôme de Carman. Elle évoque les ruines du château disparu où Goulc’hen passa une nuit face à un spectre condamné à errer depuis des siècles. Par sa structure ouverte et verticale, la sculpture fait dialoguer mémoire du lieu, paysage et récit populaire.

La légende du Fantôme de Carman

Autrefois, le château de Carman dominait l’Aber Wrac’h et le Diouris avant de tomber en ruine. Ses deux tours abandonnées étaient réputées hantées et les habitants évitaient soigneusement les lieux. Un jeune homme de Guissény, nommé Goulc’hen, décida pourtant d’y passer la nuit pour défier les fantômes dont tout le monde parlait. Installé près de la cheminée à faire des crêpes, il entendit une voix demander : « Tomberai-je ou ne tomberai-je pas ? ». À chaque réponse de Goulc’hen, un membre humain tombait de la cheminée : d’abord les jambes, puis les bras, jusqu’à ce qu’un corps entier se recompose devant lui. Le spectre lui révéla être l’ancien intendant du marquis de Carman, condamné à revenir chaque nuit dans la tour pour avoir caché de l’or volé. Il demanda alors au jeune homme de récupérer trois pots remplis de pièces d’or : deux devaient être rendus aux héritiers du château, tandis que le troisième lui revenait en récompense de son courage. Goulc’hen accomplit sa mission et devint riche, sans jamais avoir éprouvé la moindre peur durant cette étrange nuit. Mais quelque temps plus tard, une simple souris surgissant d’un pastès le fit enfin bondir de frayeur. Il trouva l’amour auprès de la fille de la fermière qui l’avait invité à partager le repas.

Légende écrite par Sandrine Pierrefeu, dans les Contes Léonards de la Côte des Légendes

Le projet de Michael Chauvel

Inspirée des ruines du château de Carman, cette sculpture monumentale prend la forme d’une tour ajourée composée de modules cubiques en acier. Sa structure ouverte laisse apparaître un vide central traversé par la lumière et le regard, comme une cheminée dressée vers le ciel. Au fil de la hauteur, les cubes se fragmentent progressivement, donnant à l’ensemble une impression de mouvement et de légèreté. Implantée au cœur de la Vallée des Moulin, l’œuvre dialogue avec son environnement sans le masquer et invite les visiteurs à lever les yeux, ralentir et observer le site autrement. Avec le temps, l’acier se transformera naturellement sous l’effet des saisons.

L’artiste Michael Chauvel

L’artiste crée des sculptures inspirées par les paysages et les lieux dans lesquels elles prennent place. Son travail mêle formes géométriques, matière et environnement pour révéler autrement un site naturel ou patrimonial. À travers des structures composées de modules répétés, il joue sur l’accumulation, la hauteur et la lumière pour créer des œuvres qui dialoguent avec leur paysage.

Le lieu : La vallée de Carman

Nichée dans l’arrière-pays de la Côte des Légendes, Kernilis est traversée par l’Aber Wrac’h, un fleuve côtier qui relie zones humides, vallons et terres agricoles. L’œuvre est installée dans la vallée de Carman, aussi appelée vallée des Moulins, où se trouvaient autrefois plusieurs moulins alimentés par la rivière. C’est également sur la colline voisine que se dressait autrefois le château de Carman, aujourd’hui disparu.

L’eau de l’Aber Wrac’h rejoint aujourd’hui la station de captage du Syndicat des Eaux du Bas-Léon, basée à Kernilis. Ce réseau joue un rôle essentiel dans la préservation de la ressource en eau et alimente plus de 90 000 habitants du territoire.

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